Ce qui me vient au jour le jour.
Vouaiche, j'ai fait quelques pas chez moi et sans béquilles.
Ça me fiche une tremblote pas possible, mais alors qu'est-ce-que c'est bon !
Me déplacer jusqu'à mon balcon, regarder mes plantes qui ont tant poussé, faire un peu de jardinage, oh pas longtemps, deux minutes tout au plus, mais qu'est-ce-que cela fait du bien. Mettre les mains dans la terre, arracher des mauvaises herbes, aller me laver les mains, tout doucement, en faisant bien attention de ne pas faire de faux mouvement.
ETRE DEBOUT.... récupérer du basalic sur mon balcon, retourner dans ma cuisine, éplucher de l'ail, écraser de l'ail et du basilic dans un saladier, y ajouter de l'huile d'olive et retourner m'asseoir.
ET ME RELEVER DE NOUVEAU.. prendre deux tomates et retourner m'asseoir, les jambes chancelantes, mais avec une envie de bouger comme c'est pas possible. Prendre le pour et le contre, faire attention et en même temps aller de l'avant.
SENTIR que j'ai bien un sacré affaissement et que je suis encore plus décidée à me faire mettre une prothèse. Car je ne m'appelle pas Thierry Henry ou un autre sportif, ceux qui peuvent tellement se muscler qu'ils peuvent tenir un genou en vrac. Et puis j'ai plus l'âge.
Et maintenant que je me lève un peu, vous savez quoi ? Bé j'ai super mal au dos !!! Normal. Du lit à la chaise et inversement, j'ai perdu les muscles dorsaux...
Il me tarde d'aller à la piscine. J'ai une piscine olympique pas très loin de chez moi. En temps normal, il me faut dix minutes à pieds pour y aller, mais là... hum. Et puis il y des marches pour redescendre le petit bassin (25 mètres tout de même) et c'est cela qui me fait peur. Il me faut une personne qui s'occupe de moi, une épaule, un bras, un coude.
Si j'ai l'autorisation de l'aide ménagère par la Sécu, vous croyez que je vais pouvoir lui demander de m'amener à la piscine ? Ça m'étonnerait fort, pmffff...
Parce qu'il faut que cela soit une femme, forcément. Non, je me sens pas encore la force d'y aller, mais dans un mois, ou quinze jours peut-être. Faut que j'aille sur le site pour voir si par hazard ce n'est pas fermé en août.
Et puis pour ma prothèse, voila comment je visionne le truc. Déja pour le centre de rééducation, il y a deux mois d'attente, donc programmer deux mois avant, me faire opérer et hop, direct dans le centre. Que je connais très bien.
Etre chouchoutée 24h sur 24. Avoir un programme. Aller de la salle de muscu à la piscine, manger et retourner se reposer dans sa chambre, et recommencer et ce pendant un mois, voire plus. Passer de salle en salle, faire tels exercices, aller se balader dans le parc, en fauteuil ou à béquilles ou avec rien quand on est soigné, mater les écureuils qui courent dans les pins. Parler avec les autres malades, rigoler avec les brancardiers, se retrouver à la machine à café. Regarder les ambulances.
Bon tout cela n'est que de l'expectative. RV avec le chirurgien le 3 aout avec qui j'ai la ferme intention de parler de tout cela. Il paraît qu'une prothèse a une durée de vie entre 15 et 20 ans. Donc ce serait pour cela que l'on opère le plus tard possible, pour que cela dure jusqu'à la mort. Bé moi, j'en ai ras le bol de souffrir, et si je pouvais récupérer une marche normale, pendant au moins 15 ans, qu'est-ce que je serais contente ! Déja, je pourrais perdre du poids.
C'est comme le serpent qui se mord la queue. J'ai mal au genou, je bouge moins, je prends du poids et le poids me pèse sur le genou et je bouge moins et je prends du poids, etc..
JE NE M'AIME PAS TELLE QUE JE SUIS. Depuis 1993 que je souffre de ce genou, j'ai pris 35 kilos de plus. Et c'est pas 35 kilos de bouffe, mais plutôt 35 kilos d'inaction.
Té j'irais bien en Tunisie pour me faire liposucer, mais est-ce bien le moment, lol !