Ce qui me vient au jour le jour.
Ou le lit bien fait, bien bordé, surtout au pied, façon militaire, et je te prends le drap comme ci, fait un petit triangle, range la première pointe puis la deuxième sous le matelas. Et que je te range bien tous les côtés sous le matelas. Et que je te laisse un bout de drap par dessus, en haut, au niveau de la tête, et bien le rabattre sur la couverture, Et que je te renfile encore tout ça sous le matelas. Tiré à quatre épingles quoi ! Sans oublier le petit geste familier qui consiste à passer le tout en revue d'un revers de la main. Afin de faire disparaître le moindre pli oublié. Et puis donner de bons coups dans les oreillers pour leur redonner du gonflant, les installer artistiquement et remonter, si on en a un, le couvre-lit.
Bé vous savez quoi ? je ne supporte pas les lits bordés ! Ni au pied ni sur les côtés. Moi j'ai besoin d'air et de pouvoir mettre mes ripatons dehors. Ou dedans, mais c'est comme j'en ai envie et pas me sentir comme enfermée dans un sarcophage.
Lorsqu'il m'arrive d'aller dans un hôtel, la première chose que je fais, c'est de tout déborder ! Et de dire à la femme de ménage, si je la croise : "Surtout, ne faites pas mon lit !". C'est que c'est du boulot de le défaire, pffff... Et puis je n'aime pas que l'on fasse le ménage dans ma chambre tous les jours. Surtout si je n'y ai fait que dormir. Y a pas de poussière.
Bon à la limite, vider la poubelle si j'y ai mis un vulgaire papier, et encore. Cela peut bien attendre deux jours.
Et que l'on passe pour nettoyer la glace et me déplacer ma brosse à dent, bé ça j'aime pas non plus. Ma brosse à dent, si j'ai envie qu'elle sèche sur le rebord du lavabo, c'est que j'ai envie qu'elle sèche au bord du lavabo, na ! J'aime pas qu'on touche à ma brosse à dents ! Et le verre qui sert à se rincer les dents, bé je suis bien capable de le rincer moi-même, tudieu. Bon je raconte ça, mais je mets toujours ma brosse à dents dans le verre à dents. Mais il peut m'arriver la nuit, d'ailleurs il m'arrive toujours la nuit d'avoir soif. Et qu'il n'y a qu'un seul verre. Justement ce putaing de verre où trône ma magnifique brosse à dents que je m'applique à poser sur le rebord du lavabo. Je bois et vais me recoucher. Parfois je prends ledit verre à mes côtés, bien plein, car la nuit j'ai toujours soif.
Ça ne rate pas, le lendemain, pas de verre sur la table de chevet, le lit tiré à quatre épingles et la brosse à dent bien posée dans ce putaing de verre, dans la salle de bain, loin...
Tout à refaire... déborder le lit, remettre la brosse à dents sur le rebord du lavabo et téléphoner pour avoir un deuxième verre.
Bé vous savez quoi ? Une fois que je téléphonais pour avoir un second verre, on m'a demandé si j'avais cassé le premier !
"Mais non" ai-je rétorqué, mais j'ai des cachets à prendre à une demi-heure d'intervalle et au lit. Votre autre verre c'est pour se laver les dents...
Ils ont bien voulu me consentir à m'ammener un verre. Un bon vieux verre à moutarde.
J'sais pas moi, on devait leur piquer leurs verres. Ce qui ne serait pas étonnant, il y a tellement de vols dans les hôtels.
Té, une fois, y avait pas de lunette ni de rapattant dans les WC. Bon passe pour le rabatant. Mais la lunette, mince, c'est que je suis douillette du postérieur moi.
Je descends à l'accueil pour signaler le fait. Entre-temps j'avais fait amie-amie avec la femme de ménage et j'avais visité plusieurs chambres inoccupées et qui étaient fort bien équipées.
Vous savez ce qu'il me dit le bougre ?
"Bé s'il faut déshabiller Pierre pour habiller Paul maintenant !"
"Bé oui Monsieur, tu vas déshabiller comme tu dis où tu me changes de chambre !"
C'est quand même un droit, dans un hôtel, d'avoir une lunette de wc, non ?
Il m 'a dit d'aller faire un tour et dès que je serais revenue, j'aurais ma lunette. Et ce qu'il dit il le fit. Merci monsieur le patron.
Té un autre hôtel aux environs de Paris, près de chez mon fils, je tire la tringle à rideaux, schlam, tout me tombe sur la figure. La tringle, les suspensions, les rideaux et le plâtre avec ! Oulalalalala ! Bienvenue ! Ça commençait bien. Je vais dans les toilettes, les chiottes étaient dedans. Je fais mon petit besoin, je tire la chasse. De l'eau archi bouillante sort ! Quel calvaire. Je vais pour me laver les mains, ouvre le robinet d'eau froide, tchi que dalle, pas un filet d'eau. Et pendant ce temps-là la chasse d'eau qui n'arrêtait pas de cracher de la vapeur. J'ouvre le robinet d'eau chaude, la chasse d'eau s'arrête.et c'est le robinet d'eau chaude qui me crache une vapeur digne des plus hauts volcans. J'arrête tout. Cela fait un bruit d'enfer. Tous les circuits sont en train de mener leur danse.
Je descends pour expliquer mon malaise.
"Ah bon vous avez de l'eau chaude dans vos toilettes ?" d'un air de me dire que je suis cinglée.
"Oui et quand j'ouvre l'ouvre le robinet d'eau chaude, cela arrête l'arrivée d'eau des toilettes qui est super chaude""
"Jamais entendu parler de ça".
"Bon écoutez, j'ai travaillé dans le bâtiment, et cela arrive qu'il y ait une inversion, au niveau du compteur, entre eau chaude et eau froide"
"D'accord mais cela ne devrait pas vous supprimer l'accès à l'eau froide".
Un dialogue de sourds s'en est suivi. Je ne connais plus le nom de cet hôtel, mais une chose est sûre c'est que je n'y retournerai jamais.
Allez je poste, tchiao à tout le monde.