Ce qui me vient au jour le jour.
C'est demain que ma voisine du RDC part en cure.
Six jours en cure, et un mois et demi en post-cure.
Elle a la trouille comme c'est pas permis.
On a beau lui dire que les trois premiers jours, elle sera totalement dans les vapes, elle a peur. Peur de la piqure, peur de se retrouver avec des gens bizarres, peur de tout.
Bien sûr elle va se retrouver dans un monde différent du sien. Pas de chat, pas de PC, pas d'amis et pas d'alcool.
Mais trois jours c'est quoi dans toute une vie ? Trois jours avec une girafe qui te suit partout où tu vas, c'est bon, c'est pas la mort.
"Ouaih mais si j'ai envie de fumer, on ne va pas m'interdire de fumer ?" Bé non, on ne va pas t'interdire de fumer, sauf dans les chambres. Alors tu te démerderas avec ta girafe à aller fumer ta clope sur un rebord froid dehors.
J'ai vécu trois cures. A la limite, je ne me souviens de rien, c'est si loin déja. Et j'ai recommencé à boire. Peut-être six ou neuf mois après je ne sais plus. Dans un moment de déprime alors que l'alcool ne soigne pas la déprime, bien au contraire.
Pour en revenir à ma voisine, elle, elle ne pas "être bien" sans avoir bu une bouteille de blanc.
Oh comme je lui souhaite de revenir pleine d'énergie. Qu'elle s'occupe enfin de son chez elle qui est un vrai capharnaüm. Enfin on a les clefs pour aller virer toutes ses bouteilles et ses poubelles. Et qu'en rentrant elle retrouve ses marques, qu'elle ait envie de construire sa vie. Elle n'a que 33 ans.
Et je lui souhaite surtout de ne pas pêter un plomb, ni pendant sa cure, et encore moins pendant la post-cure. Car on va lui imposer des activités, et elle n'aime pas qu'on lui impose des trucs. Mais je suis sûre qu'elle aura le choix parmi plein d'activités. Mais elle n'échappera pas au psy...
Moi je me rappelle, c'est un peu ce que je préférais. Enfin parler en tête à tête avec quelqu'un d'intelligent et qui prenait soin de moi. Après ma poste-cure, j'ai fait une psychalyse, enfin non, j'allais voir un psychothérapeute.
Pffff, nulle de chez nulle. J'arrivais, pleine de bon entrain, c'était elle qui me recevait avec des valoches sous les yeux, dans un grand silence, et dans une pièce toute sombre, pouark ça puait la mort . Et tout ce qu'elle savait faire, c'était de me renouveler des médocs, que je ne prenais plus d'ailleurs, mais elle ne le savait pas.
Cela n'a pas duré longtemps ! Pauvre femme, plus malade que moi elle était !
Ensuite j'ai entrepris une vraie psychothérapie. Bé après dix ans de cela (la psy a dû durer deux ans), je ne suis pas vraiment convaincue que cela m'ait fait du bien. Certes j'ai déballé mon enfance, mon ado, mon mariage, mon fils, le début de l'alcool, mon mal-être et tout le toutim, mais j'ai comme l'impression de ne pas avoir été soulagée.
J'ai un noeud quelque part et je n''arrive pas à m'en défaire. Même si je crois cerner le problème, je n'arrive pas à défaire ce noeud.