Ce qui me vient au jour le jour.
Il y a onze ans que j'habite ici.
Onze ans !
Il y a donc douze ans, mon copain qui m'hébergeait m'a dit :
"bon bé voilà, j'ai l'intention de refaire ma vie, de trouver une femme, alors il faudrait que tu déménages".
Alors j'ai fait des pieds et des mains pour trouver un logement, avec mes maigres revenus. A l'époque c'était en francs, mais c'est toujours pareil, je touche le strict minimum, soit environ 460 euros par mois.
J'en ai visité des taudis ! Tiens, il y en a un qui m'a marqué. Juste à côté de la gare, en plein centre ville. Fallait se courber pour rentrer dedans. Tout en voutes. Une maison de nains. Même au centre de la pièce, t'étais pas vraiment debout. Une vraie honte et hors de prix en plus. Au sol une moquette toute pourave. Et en-dessous, une entrée de parking. Jamais vu une horreur pareille. Une merde sans nom.
Un autre, au 8ème étage, donnant direct sur la voie rapide. Petit, cosy mais bruillant comme pas poss. Non et non. Pitié en plus des gaz d'échapements, non non et non.
Donc lorsque j'ai reçu un coup de fil de la société hlm comme quoi un logement m'était affecté, un F1 de 39 m², bé j'ai dit oui, de toute façon, je n'avais pas le choix.
Je suis venue signer les papiers, ils étaient incapables de me dire où il se situait ! A part qu'il était au 3ème étage. Mais dans quel bâtiment, ils ne savaient pas. Tudieu !!
J'ai eu les clés que le jour où j'ai déménagé de chez mon pote. Grande découverte. Il me semble bien avoir signé un état des lieux, tiens faudrait que je le retrouve, mais il est bien rangé.
J'étais absolument émerveillée ! Un grand espace, une vraie salle de bains avec chiotte inclus, et une vraie cuisine. Même que le type d'avant n'avait jamais utilisé le gaz, il restait encore les plastics tout autour.
Chez moi, je suis chez moi.
Au début, j'entendais des bruits dans ma tête. Pire, j'entendais les conversations des autres, c'était absolument horrible. J'étais comme un émetteur recepteur. Je faisais antenne en quelque sorte.
J'avais foutu mon grand lit à deux places en plein milieu. Et les trucs par-çi et par là. Et puis je me suis organisée. De bric et de broc, tourne vis à la main, voilà que je suis installée.
Maintenant je n'ai qu'un lit à une place, et cela me convient parfaitement. Certes, lorsque je me retourne, bé je prends mon oreiller avec moi, c'est une habitude. C'est mon lit et je m'y sent bien.
Mais parfois je me réveille, en sueur, et je ne sais plus où j'habite. J'ai peur de tout. Je tâte alors les montants de mon lit, à droite et à gauche. Aaah je suis chez moi. Je respire, j'inspire, j'expire.
Oui je suis bien chez moi, en toute sécurité. Je vérifie la clé. C'est bon, rendors toi. C'est absolument horrible ce sentiment d'insécurité. Etre tranquille et dormir sur ses deux oreilles comme on dit.
A soixante berges, bé j'ai peur. De tout. Cela doit venir que l'on m'ait braqué et aussi de l'agression de l'année dernière.
Et puis Fred, cet enculé de mes deux, qui, alors qu'il était fort sympatique le premier jour, m'a aidé à faire mes courses, gentil comme tout, bé le troisième jour, m'a traité comme une moins que rien, hyper fort, de connasse, de lardeuse, m'a filé une énorme claque sur les fesses alors que je dormais.
En plus il m'a piqué mon porte monnaie ce con.
Il me vient à la tête une phrase : "on ne mort pas la main nourrissière".
bé si oui il mort. Empafé. Je l'ai nourri, lui ai prété des sous, et il part en me piquant mon porte-monnaie ?
j'ai la haine.
Dois-je faire un dueuil de tout l'argent qu'il me doit ? Pire,dois-je l'éminier totalement de ma tête ?
Oui oui me direz-vous et vous n'aurez pas tort.
En plus il lit mon blog.
Alors à toi Fred, empafé de mes deux, toi qui picole toutes mes bières, qui me traite de tous les noms d'oiseaux qui te passent par la tête, qui me tape, qui me crie dessus, qui foue le bordel dans ma cuisine, ouaiaih toi le supérieur, sache que ma maison est désormais fermée. Et mon coeur aussi.
Ouille ouille c'est difficile de réagir ainsi, mais il le faut.
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