
Le Larzac ! Une région merveilleuse que je ne connaissais pas.
En trois jours, j'ai redécouvert plein de choses que j'avais presque totalement oubliées.
La nature, les ruisseaux plein de truites, les paysages que je ne me rappelais plus comme cela pouvait être aussi beau, le givre, le froid, la marche à pieds dans les champs avec des bonnes chaussures, le bien-être de vivre avec simplicité, sans télé, sans portable (là où nous étions, cela ne passait pas, donc exit le portable !)
Pour moi, cela a été presque un voyage initiatique. Une espèce de retour aux sources. J'ai tellement de détails dans ma tête... Pour l'instant, ce qui m'a le plus marqué, ce sont les petits chemins tout autour du village, qui suivent un ruisseau, et tout le monde a son potager, bien protégé avec un enclos en pierres, des bonnes pierres. Actuellement, la nature fait son oeuvre, c'est-à-dire "repos". Si l'on est assez grand, on peut voir par-dessus les murets les jardins potagers tout givrés, mais qui vont renaître dès le printemps. On voit aussi la différence entre les riches et les pauvres. Les pauvres, une simple porte en bois vermoulue, même pas fermée, ou alors avec une grossière ficelle, juste avec un noeud. Les riches, une belle (mais petite) porte en bois où il faut une clef, ou deux, ou trois... J'ai pris beaucoup de photos, mais avec un appareil jetable, je ne sais pas ce que cela va donner...
J'ai vu tellement de choses ! j'ai vu aussi les oies, les canards engraissés pour le jour de l'an, les moutons enfermés dans des petits enclos, j'ai tout vu. Le bien et le mal.
J'ai vu aussi ma carte bleue flamber, et si nous avions su, nous aurions pris une location genre gîte ou chez l'habitant, mais au départ, nous n'avions pas le choix.
Mon copain, il voulait aller dans cet hôtel-là, parce qu'il y a travaillé il y a douze ans environ. Il croyait que tout était resté en place ! Que nenni ! En plus, il y a travaillé l'été, et là, c'est l'hiver de chez hiver, heureusement qu'il faisait beau, sans vent.
Bref, on a beaucoup marché, beaucoup parlé aussi, et bu aussi, mais pas trop, enfin, moi je trouve que l'on a trop bu, surtout lui.
Il faut dire qu'en ses périodes de fêtes, le jour se lève tard et se couche tôt. Surtout dans les montagnes.
Mais le bar PMU, juste à côté de l'hôtel, et bien c'était notre refuge. Et c'était aussi le rendez-vous des chasseurs.
Mon cop, il a commencé à parler de chasse avec les autochtones, et soudain, trou noir, je ne sais pas si le grand air ou si j'en avais marre de la nature, ou le froid de la chambre, la promiscuitée, tout ce qu'il me déblatérrait en paroles, bref, j'ai tout rassemblé dans ma jolie valise et je voulais fuir....
Que nenni !
Au bout de cinq kilomètres, oup, j'ai fait demi-tour.
Mais je n'avais plus la clé pour rentrer dans l'hôtel.
Alors j'ai crié, gentiment au début, et plus fort après : Fred... Fred.... FRED.....FRED
Et puis dans la rue bien froide et bien gelée, sont passés deux jeunes.
Je leur exlique l'affaire, vite fait, et tout de go, ils se sont mis à crier : "FRED... FRED....
La fille, elle a même sifflé, un truc strident...
Et Fred a ouvert la fenêtre (environ -10degrés), il ne savait même pas que j'étais partie, et il ne savais pas que j'étais revenue !
Tout endormi qu'il était, sans savoir pourquoi, j'avais envie de fuir.
Il n'a pas compris sur le moment, mais maintenant, je suis sûre qu'il comprend.
Ce matin, avant de partir, je lui ai demandé : "Tu conduis, ou je conduis" ?
J'ai conduit au départ, et cela a calmé nos haines respectives. Le paysage était tellement beau, tout givré, alors il s'est mis à être gentil, j'adore quand il est gentil.
J'étais tellement crevée, naze, il a pris le volant !
Mais avec moi en tant que co-pilote
En plus, une voiture, une bombe !
A un moment, je lui ai dit : "Oh, freine, c'est limite à 90, il était presque à 140"
Elle est top trop bien cette voiture,je vais faire de la pub, c'est une Opel Corsa.
Je la rends demain, j'en aurai bien profité.
Et lui aussi.
Mais le plus important, c'est que noêl soit passé, ouf !
Ce matin, avant de partir, (il faisait environ -7°)
nous n'avions pas décidé de partir, mais on se faisait tellement chier, et puis il fallait surtout que l'on se quitte... pour mieux se retrouver.
Nous sommes partis en se faisant la gueule, et chemin faisant, nous nous sommes quittés presque la larme à l'oeil, tellement nous nous aimons.