Ce qui me vient au jour le jour.
Quoi cinquante minutes, c'est quoi cinquante minutes, c'est rien du tout.
Cinquante minutes, c'est dix fois cinq minutes, ou cinq fois dix minutes.
Ou c'est une heure moins dix minutes.
C'est long ou c'est court, c'est selon.
C'est selon que l'on passe du bon temps ou pas.
Cinquante minutes passées avec des bons potes, à siroter une grenadine en plein air, c'est presque trop court.
Mais les cinquante minutes que j'ai passées cet aprèm, elles m'ont parues longues, mais looooongues...
Que je vous explique :
J'étais au bar à côté de chez moi et me voilà fort dépouvue de mon poison. Qu'à cela ne tienne dis-je à la cantonnade, je reviens de suite.
Je me dirige vers chez moi, tout en ayant dit bonjour à tous les ouvriers qui travaillaient sous un cagnard pas possible, j'appelle l'ascenseur, j'appuie sur le bouton de mon étage et là ?
Et là quoi ?
La porte de l'ascenseur ne s'ouvre pas.
Stoïque, j'attends une trentaine de secondes. Il ne se passe rien, mais alors rien de rien.
Je suis bloquée et sans portable.
Je commence à taper gentiment sur les parois et puis de plus en plus fort, il faut que l'on m'entende. J'appuis sur le bouton "sonnette", ça fait un boucan pas possible et je redouble mes coups sur toutes les parois et sur la porte.
Et je crie : "A l'aide, au secours". J'écoute et je n'entends rien. Taing ya personne dans cet immeuble qui va entendre mon appel ?
Je prends toutes mes forces et je tape de partout et je crie encore plus fort.
Quand soudain, une voix de femme entend mon appel. Elle est à l'étage au-dessus. Je lui communique le numéro de téléphone inscrit dans la cabine. C'est la société qui s'occupe des ascenseurs. Je l'entends parlementer avec eux.
Ils ne peuvent pas se déplacer, il faut attendre au moins une heure !
Une heure, mais ils ne peuvent pas se rendre compte ce que c'est une heure, dans une toute petite cabine hyper surchauffée, car les lumières restent allumées nuit et jour, pffff heureusement qu'il y en a une qui est grillée. Vous savez, c'est deux rampes d'allumage, bref, c'est hyper chaud, je commence à suer à grosses gouttes.
La dame du dessus redescend et me dit : "Qu'à cela ne tienne, je vais appeler les pompiers". Pendant ce temps-là, faites la respiration du ventre.
Vi vi, j'ai fait la respiration du ventre, je me suis assise au sol et je me suis dit que c'était un très bel endroit pour méditer sans être dérangée.
Mais mes oreilles étaient aux aguets.
J'ai entendu la dame dire aux pompiers que c'était ici.
Ni une ni deux, ils m'ont délivrée !
Sept ils étaient les bougres.
"Vous allez bien madame ?" "Vous avez besoin d'une ambulance ?" "Vous savez où est le local technique de l'ascenseur ?"
Bouh je suis rentrée chez moi, j'ai bu un grand verre d'eau, me suis aspergée de partout. Tout allait bien.
Un pompier était resté là, m'a demandé d'utiliser le téléphone pour appeler la société en question, leur a dit qu'ils avaient tout bloqué, enfin leur boulot quoi.
C'est après que j'ai appris qu'un autre voisin, hier soir, a été lui aussi bloqué dans le même ascenseur. Et lui il allait balader ses deux chiens et n'avait pas pris son portable.
Bon je n'en sais pas plus.
Si ce n'est que la dame du dessus, elle a aussi téléphoné à notre société hlm afin que ce désagrément ne se reproduise plus et qu'ils réparent pour de vrai notre ascenseur.
Parce que "parait-il", "ils" sont venus vérifier ce matin... Bé je ne sais pas ce qu'ils ont foutu ce matin, tant bien ils sont allés boire un café au coin.
Maintenant l'ascenceur est bien bloqué et "ils" ont intérêt à faire leur boulot correctement.
Sinon, je fais faire une pétition.
Car cela ne sert à rien, en tant que locataires, de ne pas payer les charges. Surtout en hlm.
Mais une pétition, bien affichée, bien large et bien grande, croyez-moi, cela a du poids.
Un pote m'a dit de faire une lettre recommandée.
Bé merde alors, je ne vais pas payer un recommandé pour une erreur qui ne m'incombe pas.
Bon j'en ai marre de tapoter.