Et oui sniiiiiiiiiiiiiif.
Et en même temps, pas snif du tout.
Snif parce que cela me gave que l'on ait pu me voler sans que je n'y vois rien,
Et pas snif parce que j'apprends à regarder autrement.
Snif tout de même car j'ai vu tellement de jolies choses que j'aurais bien aimé mettre dans ma boîte à mémoire,
Et pas snif parce qu'au lieu de me focaliser sur cet autre oeil qu'est un appareil photo, j'ai utilisé mon vrai oeil.
Je ne dirais pas que ce vol est un cadeau, loin de là,
Mais j'étais tout de même devenue totalement addict à mon apn et à mon blog, et je le suis toujours.
La vie ne serait-elle qu'une addiction finalement ?
On est gamin, on s'accroche à un sein, puis au chocolat, et on passe ainsi, en quête de à quoi s'accrocher.
On passe par Dieu, puis aux partis politiques, puis à rien, ou à la drogue, l'alcool, peu importe,
Mais il nous faut nous accrocher à quelque chose ou à quelqu'un.
Ah oui quelqu'un, tiens. Ou au boulot, à la réussite sociale.
Ou à la téloch, oh oui, notre sacro-sainte téloch
Ou à la musique, classique, rock, peut importe mais du son.
Ou à une passion. Un hobby. Le cheval, la couture, les astres...
Ou tout en même temps, pourquoi pas faire un melting-pot de tout cela ?
Bien sûr, j'ai oublié la bouffe, l'être et le paraître, mais cela va de soi.
La liste est tellement longue.
Et tout cela pour prouver que nous sommes libres.
Libres de quoi, de choisir nos chaînes ?
Moi je peux vous dire que je ne suis absolument pas libre,
Je suis totalement enchaînée.
A mon corps vieillissant déjà, mes vertèbres qui se tassent, mon coeur qui s'emballe, mes pieds qui veulent retourner vers le sol et j'en passe.
Et pourtant,
Et oui pourtant dans toutes ces chaînes, il y a un espace de liberté.
Tout le temps, toujours.
Infiniment petit et infiniment grand.
Indicible.