Ce qui me vient au jour le jour.
J'ai bien l'impression que sa maîtresse d'accueil va l'adopter. Selon mon sentiment, comme elle a une chienne de 12 ans, qui commence à montrer de réels signes de fatigue, cela serait une très bonne jonction pour elle, surtout qu'elle ne peut pas se passer de chien, puisqu'elle en a eu toute sa vie.
Moi je suis relativement ignare, tant au niveau éducation qu'au niveau de tout ce qu'il faut faire comme vaccin, puçage et tout le toutim. Elle, elle sait. L'autre jour, elle me disait que quitte à être dans la merde au niveau fric, elle allait s'occuper sérieusement de son cas. Car c'est à cet âge-là (aux environs de six mois) que sa chienne avait attrapé la viro je ne sais quoi, enfin une maladie grave. Je la laisse faire, c'est à elle de prendre ses responsabilités.
Je ne suis qu'une "marraine" après tout.
Toujours est-il que l'autre jour, il était bien content que je le balade. Et je l'ai baladé loin, mais alors très loin. Nous avons pris un petit chemin au bord du Lez que j'affectionne particulièrement car on a vraiment l'impression d'être à la campagne. Le Lez à droite et un immense talus à gauche. Et un chemin tout droit qui fait bien 2 kilomètres. Jusqu'à l'autoroute. Evidemment, lorsque les endroits s'y prêtaient, bé il s'est baigné, puis il a fait des trous et il en est ressorti tout plein de terre, mais tellement heureux.
Ouf, j'ai repéré où je pouvais remonter, ce qui n'est pas une mince affaire avec mon genou de merde, mais j'y suis arrivée et Tibou était là-haut bien avant moi.
Et de là, comme une idée subite, je suis allée rendre visite à un camp de romanos installé là depuis belle lurette.
J'ai été accueillie comme une princesse !!!!
Pourtant, ils ont une foultitude de chiens qui auraient pu aboyer, bé que nenni. Ils étaient en train de faire cuire un repas, de la viande trempée dans un mélange d'oeuf et de farine et qu'ils faisaient frire, et ils m'ont aussitôt invité à manger. Ont sorti une table et une chaise rien que pour moi. Dans cet endroit régnait un calme olympien, bien qu'il y ait plein de gamins, un qui têtait sa mère et les autres qui couraient partout, et la grand-mère, ou arrière grand-mère, sur un lit dehors, qui fumait une clope, avec plein de monde autour d'elle.
J'ai pris une baffe dans ma tronche. Car j'ai vu une mini société en osmose. Chacun ayant son rôle et pas de disputes. Des tapis au sol, éculés certes, mais propres. Une musique de fond, sûrement issue d'un poste avec des piles, je ne saurais dire, car je suppose qu'ils n'ont pas l'électricité.
Une gentillesse surtout. Certes, ils me posaient des questions du style où j'habite et si j'avais de l'argent et si je pouvais les dépanner, qu'ils étaient pauvres et tout le bastring. Même une femme m'a dit : "tu sais, je peux venir faire le ménage chez toi, les vitres..."... Bé oui, mes vitres, elles auraient bien besoin d'être nettoyées, mais je ne fais pas encore suffisament confiance à ces gens-là. Il me faut encore un certain temps.
Pourtant, je suis intimement persuadée que dès que la confiance règne, ils ne me voleraient jamais rien. Mais sait-on jamais. Je leur ai promis que je reviendrais avec cinq euros. Ce n'est pas pour le repas, mais parce qu'ils ont besoin de fric et que ce sont des êtres humains.
J'aurais très bien pu naître chez eux et vivre la même vie qu'ils vivent.
bon, il y a tout de même un détail qui m'a tuée : Une voiture garée en plein milieu de leur binz. Et pas n'importe quelle voiture. Une voiture de riche, une mercédès !!!!! Rutilante à souhait et lavée de propre. Bé mes aïeux, ça ça me troue le cul ! Quand on sait ce que cela consomme une bagnole pareille, faut pas déconner merde.
Ce jour-là, je n'ai vu qu'un seul homme. Les autres étaient peut-être partis aux champs, à faire du boulot de ramassage, payés au black, je n'en sais rien.
Toujours est-il que j'ai une tendresse particulière pour eux, ce sont des congénères normaux, des gens qui ont le droit de vivre comme toi et moi.
Et Tibou dans cette histoire ? A DO RA BLE. Dès que je l'appelais, il revenait à mes pieds. Les enfants me demandaient comment il s'appelait. Je disais : "Tibou". Ils tentaient de dire son nom et prononcaient "tobouille" et autres bidules dans leur langage.
Lorsque j'ai eu envie de parlir, j'ai été accompagné par deux femmes. Et je me suis embourbée d'un pied, mais grave.
"Suis-nous, on va te montrer où est l'eau".
Avec mon pied qui pesait une tonne et demie, elle m'ont ammenée à un endroit où l'eau coule. J'ai lavé mon pied et surtout la chaussure, Tibou en a profité pour reprendre un bain et je suis rentrée.
J'ai sonné à la porte de Gab. Histoire de lui dire : "Il est sale mais heureux, mais sale".
Depuis, j'ai vu qu'il était plus propre. Gab lui a sans doute fait prendre une bonne douche...
voici les dernières photos chez moi :
Et qu'est-ce qu'il vient de faire l'animal pour avoir le museau sale ?
Bé il est allé farfouiller dans mon bac à compost. Et a trouvé un bout de bois, sympa pour se faire les dents !
Celle-ci, je vous la montre, rien que pour vous puissiez imaginer la densité de son pelage. Ça promet !
C'est génial, il m'aide à la décomposition de mon compost !!!
et scritch et scratch... C'est sûr qu'après être passé chez moi, il y a le balai qui ne chôme pas !
Là je crois qu'il vise de nouveau mon bac à compost !!!
Enfin aussi parce qu'il avait envie de faire pipi, et il ne s'est pas gêné, mais sur mon balcon seulement.
Du coup, c'est comme ça qu'il m'est venu l'idée de sortir, vous connaissez la suite, précédemment décrite ci-dessus. Qu'est-ce qu'il est heureux dehors et infatiguable ! Enfin je suppose qu'une fois rentré chez Gab, il a dû faire une énooooooooooorme sieste !