ET JE LE PROUVE.
Faut que je vous raconte car cela me tient tellement à coeur, si vous saviez...
Ceux qui me suivent depuis longtemps connaissent ma relation avec Pelucrou, dit aussi "Mi".
Il y a une quinzaine de jours, alors que j'étais au téléphone avec Bigbec, driiiiiiiiiiing à ma porte (apparté : tu te rappelles Becky comme j'étais contente ?). La "maîtresse-proprio" du pelucre, qu'elle appelle kiki, vient le récupérer car le véto doit passer chez elle pour ausculter ses animaux. Elle a deux chiens et avec le pelucre trois chats. Je suis très contente de pouvoir lui parler car j'en ai gros sur la patate des non-dits, des rumeurs et cie.
Mais elle est pressée, comme d'habitude. Pffff, je suis en nuisette et obligée de terminer la conversation en bloquant l'ascenseur pour lui faire entendre raison à savoir qu'un chat, et bien cela lui arrive d'avoir plusieurs maisons.. que SON chat vient chez moi depuis deux ans maintenant. Je lui explique des tas de trucs vite fait et tente de lui faire admettre un fait établi. Elle paraît accepter et je suis toute contente. J'en ai eu la chair de poule tellement cette histoire me tracassait depuis trop longtemps. Enfin un bon dénouement.
Tu parles Charles !!!!
Deux heures plus tard, alors que j'étais dehors, je la vois passer avec ses deux chiens, elle rentre chez elle (elle habite un rez-de-chaussée). Je cours vers elle car je veux savoir ce que le véto a dit..
"MON chat va très bien et je suis pressée..."
- Je veux vous parler un tout petit peu car il a fait un malaise chez moi il y a peu...
- S'il n'avait pas été chez vous, cela ne serait pas arrivé, blabli, blabla, et vous, vous n'êtes qu'une voleuse de chat !
- Et vous, vous n'êtes qu'une GROSSE CONNE lui ai-je rétorqué, les sangs tous retournés.
Comment peut-on être aussi obtus, je me le demande.
Certes, je conçois que le Pelucre, qu'elle a eu tout petit, soit la prunelle de ses yeux ; certes je conçois que nous ne soyons pas amies ni copines. Je conçois beaucoup de choses mais au moins que l'on dialogue, merde !
Un chat n'est pas un chien. Un chat c'est territorial et s'il peut agrandir son espace, il ne va pas se gêner. Un chien suivra son maître partout, peu importe où il va. Elle doit le savoir tout ça, non ?
Pelucre a maintenant 15 ans et je sais très bien les avantages qu'il a à venir chez moi et j'aimerais pouvoir lui exprimer, d'ailleurs je vais lui écrire, mais je ne trouve pas encore les mots adéquats, afin de ne pas blesser son amour-propre, tout en étant ferme, nondidiou que c'est difficile.
C'est un bon vieux pépé qui a pris ses marques dans ma maison et surtout il a la paix, et d'une.
De deux, vu que je suis au troisième, il y a plus de soleil, alors il peut faire bronzette à ses côtelettes tranquillou.
De trois, je suis présente et il aime la présence, même s'il dort.
De quatre, je le papouille, lui fait des massages, lui cause, lui enlève des tiques quand j'en trouve (à la main, ouille ouille), lui lave les yeux...
De cinq, tous les matins, il a droit à un petit sachet de bouffe (pas plus) et il adore, après c'est croquettes.
De six, il dort où il veut, se planque quand il y a de l'orage, je le rassure...
Bref, je suis une vraie mère poule mais je le sors tous les soirs, alors qu'il n'aime pas du tout, car il a tendance à vouloir s'incruster chez moi. Il râle si vous saviez ! Pour moi, c'est un code d'honneur, vis-à-vis d'elle, afin qu'il rentre dans ses pénates.
Tu parles Charles de nouveau !
Une heure plus tard, je le vois sous mes fenêtres et la plupart du temps, il reste là toute la nuit, en attendant mon bon vouloir.
Avouez qu'il y a un malaise quelque part, non ?
Maintenant, place aux photos :

Celle-ci, je l'ai prise il y a deux heures environ, depuis mon balcon. Comme d'hab, il est sous ma fenêtre. Je viens d'aller voir, il est toujours là. Mais je ne moufte pas, sinon, il va vouloir monter et c'est niet, jamais la nuit.
(mumpf, parfois je ne résiste pas, mais c'est rare)
Comment peut-on me dire que je suis une "voleuse de chat" alors qu'il est libre ?
J'avais une discussion tout à l'heure avec ma voisine du rez-de-chaussée, une dame absolument charmante, âgée de 74 ans, chez qui "mi" va souvent s'installer sur sa terrasse pour roupiller. Elle non plus ne comprend pas. Et me raconte qu'à la campagne, ou même chez ses petits enfants, les chats vont et viennent chez les uns et les autres, mangent un peu ici, dorment un peu par-là, disparaissent et réapparaissent... quoi de plus normal, c'est ça les chats, non, et c'est bien pour cela qu'on les aime, pour leur indépendance.
La suite n'est que des photos prises ce matin, mon dieu quelle horreur, vous allez voir ce qu'est un chat prisonnier :

C'est absolument atroce, vous avez vu, je lui ai mis des chaînes pour qu'il ne m'échappe pas.

En plus, il dort sur un lit qui n'est même pas retapé, bouh la vilaine femme !

Les pattes en croix, c'est très mauvais signe.
Et vous avez vu comment il sort ses griffes ?
Attention, chat enfermé peut être très très dangeureux...

En plus, il est muselé, vous avez vu ?

Attention, il va attaquer sec !!!

Quand il a l'oeil révulsé comme ça, c'est qu'il n'est pas content du tout du tout, méfie...

Ça y est, il est en train de se transformer en chat garou. Tirez-vous vite fait, il va vous sauter aux yeux.
Blague à part, j'aimerais tant avoir au moins le numéro de téléphone de son véto, au cas où.
Car le malaise qu'il a fait l'autre jour, ce n'était pas de la rigolade.
Il était tout guilleret dans la cuisine, tournicotant dans mes jambes pendant que je me préparais à bouffer quand soudain, je ne l'ai plus vu. Normal, les chats, ça va ça vient, un coup on les voit et après on ne sait plus où ils sont. Quand soudain, j'ai entendu un miaulement tellement fort et inhabituel que sur le moment, j'ai cru que c'était ma télé. Et puis ce n'était plus un miaulement mais un râle de souffrance aigüe. Oh peuchère, j'ai vu ce mi pratiquement tomber dans les pommes. Vite, vite, je l'ai pris dans mes bras et lui ai fait un massage cardiaque, instinctivement. Et j'en ai pleuré tout en me rendant compte à quel point je tenais à lui.
Plein de pensées ont traversé mon cerveau à ce moment-là : Et s'il mourait là maintenant, et comment joindre un véto et je n'ai pas de voiture et si et si... cela n'a duré que quelques secondes et je ne sais toujours pas pourquoi cette crise.
Après il est resté au moins deux heures sur mon balcon, affalé. Et encore deux heures tout pelotonné. Effrayé, pas vraiment apeuré, mais souffrant.
Et si cette idiote de soi-disant "maîtresse-proprio" avait une once de jugeotte, elle comprendrait, dans l'interêt de SON chat, pourquoi nous devons communiquer...
Faut absolument que je la fasse, cette lettre, mais je ne sais pas comment la tourner.....