Ouaih hyper coincées.
J'ai un ENORME furoncle, voire un entraxe sur le haut de ma jambe gauche.
Très mal placé, dans l'entre-jambe.
Cet aprèm, je suis allée à la pharmacie, pour demander comment faire pour le faire "murir".
"Exomédine" on m'a dit.
Alors je suis là, les jambes fermées, avec un coton d'exomédine sur ce truc horrible.
Je voudrais qu'il pête, bordel. Tout à l'heure, j'ai pris un couteau, je voulais le cisailler. Je fais chauffer le couteau, histoire qu'il soit propre. Et chaud. Bé j'ai pas réussi.
Seule c'est tellement difficile.
Aaah mais j'ai des cutters ! Bé je viens d'essayer, tchi que dalle. Il n'est pas assez mur, pourtant qu'est-ce qu'il est gros. De l'extérieur, il fait bien trois pièces de deux euros, mais de l'intérieur, il me tient dans la main, pour vous dire l'ampleur.
Il n'est pas mûr ce con. Pourtant qu'est-ce qu'il est laid, et rouge et violet et qu'il dépasse.
Ce matin, je suis allée chez le coiffeur, avec un grand pantalon. J'avais qu'une peur, c'est qu'il explose là bas.
Et c'est pas la première fois que cela m'arrive. La dernière fois, il a explosé en pleine nuit. Ce n'était pas au même endroit mais le résultat était ou sera le même. Du pus et du sang de partout.
Et après, tudieu, qu'est-ce que cela fait mal !!! mais cela fait du bien qu'il soit vide.
J'attends que ça, qu'il pête.
J'ai pas du tout aimé la réaction de la fille de la pharmacie. On aurait dit qu'elle était déjà écoeurée. On voit bien que c'est une jeunette. Cela aurait MA pharmacienne, qui a prit sa retraite, elle aurait réagi tout autrement.
La jeunette, je lui ai simplement dit que j'avais un énorme bouton dans l'entre-jambe, elle a reculé ! Comme-ci j'avais la poisse, la peste et le choléra. Bon je voulais aussi de l'homéolasmine pour un tout petit bouton que j'ai sous la lèvre. Mais alors tout petit petit. Une toute petite merdouille que j'ai du mal à cicratiser. Mais franchement rien de rien.
Alors la jeunette, légèrement écourée, elle me dit : "exomédine". et de loin, cela vous fera 6.47 euros.
Je lui ai donné dix euros, elle m'a rendu la monnaie en m'ignorant, comme-ci j'étais une pestiférée !
Bé putaing, si tu ne veux pas voir des malades, change de métier ! Car dans une pharmacie, on ne voit que ça des malades. On ne vient pas dans une pharma pour acheter des carottes, hein ?
T'as pas encore vu le pire ? les gens en manque. Qui tremblotent. Ou qui n'ont pas encore leur ordo et qui demandent leurs produits et qu'il faut leur avancer.
Bon c'est une toute petite pharmacie du quartier. Va savoir quels clients elle a eu avant moi. Ça doit être ça. Mais je m'en fous, moi, elle m'a reçu très mal. Et me recevoir mal dans ma pharmacie, j'aime pas, mais alors pas du tout.
Ptêt que c'était son premier jour, va savoir, car je ne l'ai jamais vue cette gamine. Et derrière le comptoir, j'ai bien vu deux hommes. Occupés à servir d'autres clients. Mais je n'arrive pas à cerner qui est LE pharmacien. C'est que je n'y suis pas toujours fourrée dans cet endroit.
Ah si, avant, lorsque c'était LA pharmacienne, il y avait un distributeur d'eau. Et il m'arrivait de venir boire un verre d'eau et de discuter avec elle. Sans jamais la déranger dans son travail. Elle m'en apprennait des choses. Comme quoi la biafine, c'est une grosse fumisterie. Alors que moi je suis à 100% pour la biafine.Bé non que disait-elle, tu prends de l'huile d'olive et du vinaigre, et cela te calmera aussi bien. Bon moi je connaissais la tomate....
Mais de toute façon, je suis interdite de soleil à vie. J'ai une peau de rousse. Vers mes 18 ans, j'ai voulu faire la belle. J'ai bien cramé. Je n'étais pas rouge, j'étais cramoisie. Impossible de m'asseoir ni de rester debout, j'avais mal partout. Le moindre geste me faisait mal, alors que je les voyais, les autres, se dorer au soleil. La honte. J'étais brûlée.
Je tournais de l'oeil. On m'a mise dans un appart et je n'ai fait que dormir. Je ne supportais pas le moindre contact, j'étais archi mal. J'ai pelé comme jamais de ma vie je n'ai pelée. Et ma peau en-dessous était toujours rouge, une horreur. J'avais chaud et froid, j'étais mal, mais alors archi mal.
Et les autres, tout bronzés, étaient prêts pour aller faire la fête le soir. Je n'étais qu'un parasite, même pas on me donnait à manger ni de l'eau à boire, personne en avait rien à foutre de moi, je n'existais même plus. Je les voyais déhambuler dans l'appart, à qui ce fera le plus beau ou la plus belle, alors que je souffrais le martyr.
Je n'existais plus, j'étais un poids mort. Une moins que rien. Un déchet. J'avais pas un rond en plus. Rien de rien, tchi que dalle. J'étais descendue dans le sud sur un coup de tête, sans payer le train, et je n'avais pas un centime.
J'étais totalement à la rue !
Je crois même qu'ils m'ont viré, je ne sais plus.
Ou alors je suis partie de moi-même. Je penche pour la dernière supposition. Mais alors où suis-je allée et qu'est-ce-que j'ai fait, je n'en sais fichtre rien.
AAAhhh si cela me revient. Bé j'ai fait du stop. Bouger, bouger, fallait bouger. Remonter vers la Capitale. Mais je n'avais aucune racine, personne qui m'attendait, j'allais à l'aveuglette. Marcher, marcher, et marcher encore.. Montrer son pouce et que la personne t'emmène loin, et t'invite à manger et à dormir.
Je n'ai aucun souvenir de ce voyage, si ce n'est que j'ai téléphoné à un ami pour qu'il puisse m'accueillir. Il m'a dit oui, si ce n'est que je lui ai ramené des poux et la galle.
Et sa femme était enceinte, pffff, la galère.
Retour à la rue.
La galle c'est un truc horrible. Ce sont des petits animaux qui gitent dans votre corps, et qui se réveillent surtout la nuit, aaaahgr rien que d'y penser, ça me donne envie de me grattrer, mais non, je suis délivrée de tout ça, mais à l'époque, bé non.
Donc la galle, ce sont comme de tous petis animaux qui gitent dans votre corps. Juste sous votre peau. Et qui aiment les commissures. Entre les doigts. c'est une horreur.. Ça gratte hyper fort. bon j'étais à Paris. Et même si j'étais à la rue, il y avait moyen de me soigner, et de la gale et des poux. Et gratuit.
C'était dans un endroit bizarre, du côté de la gare de l'Est, fallait se déshabiller totalement et ils "gazaient" totalement toutes nos affaires. Puis on passait sous une douche, et ils nous "gazaient" de partout.
On ressortait tout propres, mais avec une espèce de poudre blanche.
Je ne sais plus où j'ai dormi ce soir-là, où si j'ai marché dans les rues de Paris. De toute façon, mon coeur, c'était l'île de la Cité. C'était le grand rendez-vous des voyageurs. Avec un joli parc où l'on pouvait se vautrer.
Mon aventure de dehors n'a duré que un an. Putaint d'année !
Mon meilleur souvenir ?
C'était à Lyon. On était quatre dans la rue à faire la manche.
Il y avait un vernissage de je ne sais pas quoi. Je demande la pièce à un monsieur.
Bé ce Monsieur c'était Jean Marais, et il m'a filé un bifeton de 100 francs.
Pour nous c'était Bysanze !!! On allait pouvoir manger, enfin. On est allé s'acheter quatre énormes sandwiches et on s'est léché les babines.
Merci feu Jean Marais. Je n'oublierai jamais ce geste.
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