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Campagne blog sans pub
8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 03:10

....Tu fermes ta gueule.

 

Tu ne téléphones à personne.

 

Il y a du bruit partout ? Tu ravales ta salive.

 

T'as envie de parler ? Tu te parles à toi même.

 

T'as chaud ? t'ès pas bien ? Tu prends sur toi.

 

T'as une bière dans le frigo ? Ouais bof, t'as même pas envie d'aller la chercher.

 

Tu penses.

 

Mais qu'a-tu fait dans ta vie, hein ?

 

Abandonnée vers trois ans, élevée deci delà jusqu'à onze ans, soit par la grand-mère, soit par des parents nourriciers, un manque d'amour total.

 

Le père me prend avec sa femme. Et entre elle et moi, ça ne passe pas, mais alors pas du tout. Elle ne m'aime pas et je ne l'aime pas et cela dure des années.

 

Et le père ne fait rien pour que cela s'arrange. Il n'est jamais là.

 

Le seul moment où je peux le voir, c'est le dimanche matin. Là c'est le bonheur total. Je vais dans le lit conjugal et je me love contre lui. Je vire la belle-doche qui fait du ménage ailleurs.

 

C'est notre moment privilégié. Il se lève et reste en pyjama et descend dans la cuisine. Il adore faire des petits dèjs genre à l'anglaise tout en mettant de la musique et moi je le suis.

 

Sur le gramophone, j'ai le droit de choisir ce qui me plait. Alors je choisis. Bon deux morceaux, ça va vite.

 

Vous savez, c'est le temps où l'on choisissait 33 ou 45 tours. Avec l'aiguille qu'il fallait mettre bien au bon endroit.

 

Pendant ce temps-là, feu mon  père commençait à faire fristouiller des oeufs au plat.

 

Mais pas que !!!

 

Il avait déjà mis des tartines dans le grille pain. Et commencer à préparer mon chocolat chaud tout en se faisant son café.

 

Et on déjeunait ensemble, c'était la fête, sauf lorsque la belle-doche arrivait.

 

Elle me coupait l'ambiance.

 

Fini nos petits apartés, elle était là et je n'existais plus.

 

une heure et demie environ je l'avais pour moi par semaine, et le reste du temps, rien, walou, nada.

 

Jamais il venait me border (c'est une expression), jamais il venait me voir dans mon lit, elle encore moins, et je me sentait archi seule.

 

Alors j'attendais toujours ces moments de connivence du dimanche matin.

 

C'était si court.

 

Il mettait du Brassens ou du Brel. Je ne comprennais rien à l'époque. Mais je voulais être avec mon père.

 

Il ne parlait pas trop mais était heureux de partager ce petit moment avec moi.

 

Moi je ne souhaitais qu'une chose, c'est que ma belle-mère dorme encore plus et nous laisse profiter.

 

Bé non, cette conne, elle ne nous laissait pas profiter.

 

Voyez, aujourd'hui j'ai 60 ans et je me souviens de ces petits détails.

 

Mais un détail qui me revient dans le coeur, c'est le jour de sa mort.

 

Cette salope, elle ne m'a pas laissée me recueillir sur son corps.

 

il était dans la chambre mortuaire. Chaque personne étant partagée juste avec un rideau.

 

Je rentre, je le vois. Tout gonflé. Je voulais me recueillir. Rester avec lui au moins cinq minutes. Bé non, cette salope de connasse a dit derrière le rideau "ça suffit maintenant".

 

Toute ma vie avec mon père elle m'a pourrit la vie, et à ce moment crucial, elle me l'a encore plus pourrit.

 

Franchement, je ne comprends pas, dans ces instants aussi précieux, que l'on ne puisse pas laisser les personnes se recueillir. Surtout moi sa seule et unique fille.

 

Elle m'a pourrit.

 

Et puis s'en est suivi l'enterrement. Bé comme j'étais sa fille unique, j'étais dans le corbillard avec elle. Mon père dans la boite derrière. Bé elle s'énervait parce qu'il  y avait des embouteillages. Mais qu'est-ce qu'on en a à foutre des embouteillages dans ce cas-là ? C'est ce que je lui ai dit. C'est le dernier voyage.

 

Moi au contraire, je voulais que cela dure le plus longtemps possible. Je sentais le corps derrière et surtout son esprit. J'avais envie d'être calme. Ma belle-mère était excitée comme une puce. Evidemment, il y avait rendez-vous au cimetière. Grrrrr et pfffff.....

 

Tout était programmé.

 

bon c''est sûr, si on dit à des personnes qui viennent de loin que l'enterrement aura lieu à 14f30, et qu'à 15h le corbillard n'est toujours pas là, ils s'impatientent les pauvres.

 

Ils sont là, ils sont vieux, à peine ils se connaissent, il n'y a pas de buffet, pas de petits fours ni de champagne, bref, ils s'emmerdent.

 

Ah enfin on arrive. Bé cela a été vite fait.

 

Je me rappellerai toujours du bruit de la corde qui fait descendre le cercueuil. Et ils le descendent en biais. Une fois dedans ils enlèvent les cordes, ils ont fini leur boulot, au revoir.

 

Commence la cérémonie du recueil. Chacun passe avec une fleur et dit un truc. J'avais tellement de larmes que je n'ai rien dit.

 

J'étais bouleversée et seule alors que cette pute de belle-mère était superbement entourée.

 

j'arrête là car cela me fait remonter des très mauvais souvenirs dans ma mémoire.

 

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Published by bellelurette - dans bellelurette
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commentaires

Cristophe 09/09/2012 08:52


Tu m'as rappelé la mort du papa de ma maman, quand j'ai voulu le voir une dernière fois. Je ne sais pas où étaient mes parents à ce moment-là, un de ses fils a voulu m'en empêcher, j'étais selon
lui trop jeune ! Heureusement, la fille aînée a été d'accord, j'ai pu le voir...


 


(Oui c'est le même commentaire, mais sans faute.)

bellelurette 18/09/2012 03:25



j'ai pas remarqué les fautes



Cristophe 09/09/2012 08:51


Tu m'as rappelé la mort du papa de ma maman, quand j'ai voulu le voir une dernière fois. Je ne sais pas où étaient mes parents à ce moment-là, un de ses fils a voulu m'en empêché, j'étais selon
lui trop jeune ! Heureusement, la fille aînée a été d'accord, j'ai pu le voir...

bellelurette 18/09/2012 03:24



comme quoi on n'est jamais trop jeune pour regarder la mort en face.



le ronin 08/09/2012 23:43


Ton récit réveille des échos glauques et veinés de noirceur en moi...


Des choses innommables...


Souffrance pure qui irradie mon âme...


Je "comprends" ton texte au delà des maux, des mots...


"Libère-toi" c'est tou ce que je peux te dire... Fais sortir cela de toi... Tu mérites mieux que ca...


 

bellelurette 18/09/2012 03:23



Ecrire, c'est se libérer. Après j'oublie.



mialjo 08/09/2012 18:08


correction


il ne suffit pas de regarder les oiseaux ....

mialjo 08/09/2012 18:07


bon...c'est pas la joie Bellurette...je te dirais bien de te secouer mais ça ne servirait à rien car tu vas trop mal...à mon avis...et malheureusement pas facile d'aider quelqu'un qui n'en ferait
qu'à sa tête...je pense! tu es jeune...plus jeune que moi en plus! Souviens toi Tino Rossi chantait la vie commence à 60 ans...et Sardou l'amour de 7à 77 ans...alors moi je
dis...que...si...tu...avais un peux...la niaque!!! tu pourrais peut être t'en sortir...si tu pense, je vais pas bien, tu n'iras pas bien! ais si tu essayais de voir même un tout petit point
positif, si tu cherches tu vas en trouver...tu verrais que la vie peut être belle...même seule!!! Oui Madame, moi j'ai été seule et c'est là que j'étais le mieux! je sais aussi que t'as pas
beaucoup de sous, mais tu pourrais aller au cinoche au lieu d'aller dans les troquets, tu pourrais prendre un petit chat, c'est doux et tendre, mais bon c'est sur qu'il faut pas le négliger, faut
s'en occuper. tu pourrais aller à la bibliothèque et lire des bons bouquins passionnant...Non Juju son fils ne va pas lui faire un petit fils ou fille, c'est un musicos...et les musicos...c'est
pas vraiment très stable niveau famille. Alors madame Bellurette, j'aimerai bien que tu réfléchisses au lieu de te témestatiser avec eine biere...


déjà il te faut un bon anti dépresseur!!!!!!!!!!!!!!!!


et médite sur cette phrase...


il ne suffit pas de laisser tourner les oiseaux du malheur au dessus de nos têtes,mais il faut les empêcher de faire leur nid dans nos
cheveux!!!!


Bouge toi!!!





 






bellelurette 18/09/2012 03:22



je crois qu'il me faudrait juste un compagnon qui me donne de la tendresse...



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